Notre-Dame du Rosaire de San Nicolás, Argentine
À San Nicolás de los Arroyos, ville argentine de la province de Buenos Aires connue pour son important sanctuaire marial préexistant dédié à Notre-Dame du Rosaire, une mère de famille modeste nommée Gladys Quiroga de Motta, alors âgée d’une quarantaine d’années et sans formation théologique particulière, affirme voir la Vierge sous ce même titre traditionnel depuis le 25 septembre 1983, dans un contexte argentin marqué par la fin récente d’une dictature militaire particulièrement brutale et par une grave crise économique et sociale touchant durement le pays. Jusqu’en février 1990, soit sur une période de près de sept années consécutives, elle rapporte avoir reçu environ mille huit cents messages distincts attribués à la Vierge et soixante-dix-huit autres messages attribués directement au Christ ; depuis cette date, plus aucun message public n’a été officiellement communiqué par la voyante, bien qu’elle affirme continuer, encore aujourd’hui, à bénéficier d’apparitions de nature strictement privée.
Les messages recueillis au fil de ces années insistent sur des thèmes assez constants d’un message à l’autre : l’appel pressant à la conversion personnelle et à la prière quotidienne du Rosaire, l’union filiale et fidèle autour de la personne du pape (« marcher avec lui, c’est marcher avec mon Fils lui-même »), l’importance centrale de l’adoration eucharistique dans la vie spirituelle des fidèles, et un climat général d’annonce de fin des temps formulé en des termes assez proches de ceux employés dans d’autres apparitions mariales reconnues du XXe siècle, notamment Fatima. Un message daté précisément du 13 mai 1989, jour anniversaire de la première apparition de Fatima en 1917, évoque d’ailleurs explicitement ce précédent portugais : « Ma fille, comme à Fatima, je reviens sur la terre. » Cette référence directe et datée à Fatima a souvent été relevée par les commentateurs comme l’un des éléments les plus frappants de continuité thématique entre les deux séries d’apparitions, séparées pourtant par plus de sept décennies et par un océan entier.
L’évêque de San Nicolás de los Arroyos, Mgr Héctor Cardelli, a déclaré en 2016 le « caractère surnaturel » des événements liés à Gladys Quiroga de Motta, une reconnaissance qui reste locale et relativement récente, distincte des approbations séculaires dont bénéficient Lourdes ou Fatima, et qui n’a pas fait l’objet d’un examen romain aussi approfondi. Comme le rappelle le Catéchisme (§67) à propos de toute révélation privée, même reconnue par l’autorité ecclésiastique, son rôle n’est pas de « améliorer » ou « compléter » la Révélation définitive du Christ, et aucun fidèle catholique n’est tenu d’y adhérer comme à un article de foi.
Un sanctuaire dédié à Notre-Dame du Rosaire de San Nicolás, construit et progressivement agrandi au fil des décennies suivant le début des apparitions rapportées, accueille aujourd’hui de nombreux pèlerins argentins et venus des pays voisins d’Amérique du Sud, sur le lieu même où Gladys Quiroga de Motta continue, selon ses propres dires, de recevoir des grâces particulières associées à cette dévotion mariale devenue l’une des plus populaires du pays.
Source : dossier diocésain de San Nicolás de los Arroyos.
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