Le sourire de la Vierge qui guérit la jeune Thérèse Martin
Contexte
Le 13 mai 1883, Thérèse Martin, âgée de dix ans seulement et gravement malade, une affection nerveuse sévère selon ses biographes, probablement liée au traumatisme de la perte précoce de sa mère quelques années plus tôt, garde le lit dans la maison familiale de Lisieux, entourée de trois de ses sœurs, Léonie, Marie et Céline, inquiètes de voir son état ne pas s’améliorer malgré les soins prodigués.
Récit
Elle voit soudain la statue de la Vierge posée près de son lit s’animer sous ses yeux : « Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n’avais rien vu de si beau », écrira-t-elle plus tard, son visage rayonnant d’une bonté et d’une tendresse ineffables, couronnées par un sourire qui la pénètre jusqu’au fond de l’âme. Ses souffrances disparaissent instantanément et complètement. Parmi les personnes présentes dans la pièce, seule Thérèse perçoit ce changement, tandis que sa sœur Marie, qui la regarde à cet instant précis avec amour, semble néanmoins deviner intuitivement la grâce particulière qui vient d’être accordée à la fillette.
Interprétation de l'Église
Ce témoignage vient des écrits autobiographiques de Thérèse elle-même, canonisée en 1925 par le pape Pie XI et proclamée docteur de l’Église en 1997 par Jean-Paul II, en raison de la profondeur théologique inattendue de sa « petite voie » de confiance et d’abandon, malgré une existence entièrement recluse au Carmel de Lisieux et une mort prématurée à seulement vingt-quatre ans. Le cardinal Pacelli, futur Pie XII, la qualifiera de « plus grande thaumaturge des temps modernes » en raison du nombre considérable de faveurs attribuées à son intercession après sa mort, notamment auprès des soldats des deux guerres mondiales qui répandirent sa dévotion bien au-delà des frontières françaises. Cette guérison de jeunesse, cependant, relève d’une grâce personnelle relatée par la sainte elle-même dans son autobiographie spirituelle plutôt que d’une apparition publique soumise à un examen ecclésial, contrairement par exemple aux apparitions de Lourdes ou de la rue du Bac, examinées et authentifiées par des commissions diocésaines distinctes. Thérèse elle-même resta toute sa vie d’une grande discrétion au sujet de cette grâce reçue dans l’enfance, préférant insister, dans ses écrits spirituels destinés à ses sœurs et à ses supérieures, sur sa « petite voie » de confiance simple plutôt que sur les phénomènes extraordinaires qui avaient pourtant jalonné son existence dès son plus jeune âge. Cette pudeur spirituelle, caractéristique de sa personnalité tout entière, contribue à expliquer pourquoi son message, centré sur la simplicité et la confiance plutôt que sur le sensationnel, a pu toucher un public aussi large et aussi durable depuis plus d’un siècle, bien au-delà des cercles habituellement sensibles aux récits de phénomènes mystiques spectaculaires, y compris chez des lecteurs peu portés d’ordinaire vers la littérature spirituelle traditionnelle, séduits par la simplicité désarmante et sincère de son style d’écriture personnel.
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